L'entraîneur de l'équipe de l'Italie, Roberto Donadoni, a cet air de vedette de cinéma avec une barbichette bien taillée et une chevelure légèrement en bataille. Raymond Domenech, l'entraîneur français en eaux troubles, a souvent l'air d'un professeur distrait.
Ils ont des styles et des façons d'exécuter bien différentes. Ils ne partagent pas grand-chose, sinon le même sort. La France et l'Italie écriront aujourd'hui un autre chapitre de leur série de rencontres malheureuses.
Ils étaient dans le même groupe de qualification de l'Euro 2008. Ils étaient adversaires en finale de la Coupe du monde 2006, remportée par l'Italie. La France a battu l'Italie en finale de l'Euro 2000 avec un but de David Trezeguet.
Les deux équipes doivent absolument gagner aujourd'hui si elles doivent passer à la prochaine ronde de l'Euro 2008. Mais d'autres choses doivent également se produire.
Le match Italie-France devient, en effet, sans signification si la Roumanie bat les Pays-Bas. C'est la Roumanie qui avancerait, avec les Pays-Bas, champions du groupe C.
Donadoni : la victoire ou la porte
Une élimination sonnerait le glas pour Donadoni. Son contrat est conditionnel à ce que l'Italie se rende beaucoup plus loin dans le tournoi.
«Nous connaissons les enjeux, dit-il, et nous allons jouer avec notre corps et notre coeur.»
Domenech passera, lui aussi, à la guillotine. Comme les médias français le lui rappellent avec plaisir, il n'a jamais rien gagné. Et ça n'aide pas beaucoup Domenech qu'il ne soit pas aimé de ses joueurs vétérans.
Les Italiens et les Français doivent gagner, mais leur sort est dans les mains de la Roumanie et des Pays-Bas.
Il y a eu beaucoup de spéculation au sujet de ce que feraient les Néerlandais. On a dit qu'ils ne joueraient pas aussi fort afin d'éliminer en même temps la France et l'Italie. Les Pays-Bas présenteront une équipe composée essentiellement de substituts.
Mais Donadoni ne téléphonera pas à son ami Marco Van Basten, l'entraîneur de l'équipe néerlandaise.
«Si j'étais à sa place, je serais offensé et, si j'étais assis sur le banc avec une chance de jouer et qu'on me demandait de ne pas bien jouer contre la Roumanie, je serais humilié», affirme-t-il.